La mobilité électrique s’installe durablement dans le paysage énergétique français. Avec plus d’un véhicule neuf sur quatre vendu en configuration électrique ou hybride rechargeable, la question de la recharge domestique ne concerne plus seulement quelques passionnés de technologie : elle touche des millions de foyers, des copropriétés, des collectivités et des entreprises. Selon les données d’Enedis, 86 % des recharges s’effectuent au domicile, ce qui dit beaucoup sur l’importance stratégique d’une infrastructure bien pensée. Pourtant, entre le choix de l’équipement, les contraintes électriques, les normes IRVE et les aides disponibles, beaucoup se retrouvent désorientés avant même d’avoir signé un devis. Ce guide décortique chaque étape, des prérequis techniques aux fonctionnalités connectées, pour vous aider à aborder ce projet avec méthode et sérénité. L’enjeu dépasse largement le simple confort personnel : une borne bien dimensionnée et bien pilotée contribue directement à la stabilité du réseau électrique local, à la valorisation de l’autoconsommation et à la transition vers des usages énergétiques plus intelligents.
En bref :
- 86 % des recharges de véhicules électriques ont lieu au domicile, ce qui rend l’infrastructure résidentielle centrale.
- La Wallbox 7,4 kW monophasée reste la solution la plus adaptée à la majorité des foyers français.
- Toute installation dépassant 3,7 kW est obligatoirement réservée à un électricien qualifié IRVE.
- Les aides cumulées (crédit d’impôt, prime ADVENIR, CEE) peuvent couvrir jusqu’à 40 à 50 % du coût total.
- Les bornes connectées intègrent désormais délestage dynamique, programmation heure creuse et pilotage à distance.
- Une installation conforme valorise le bien immobilier et sécurise la couverture par l’assurance.
- Le coût au kilomètre en recharge domestique tourne autour de 4,60 euros pour 100 km, contre plus de 11 euros en recharge rapide publique.
Sommaire
TogglePourquoi l’installation d’une borne de recharge transforme votre rapport au réseau électrique
Installation borne de recharge : derrière cette expression courante se cache une réalité technique bien plus riche qu’un simple équipement de confort. Brancher un véhicule électrique chez soi, c’est introduire un nouvel acteur de poids dans l’installation domestique, capable d’appeler entre 3,7 et 22 kW de manière prolongée, parfois pendant huit à dix heures d’affilée. Aucun autre appareil électroménager ne produit ce type de sollicitation continue sur l’installation.
Cette réalité change la donne pour le réseau électrique local. Une borne mal dimensionnée ou non pilotée peut provoquer des microcoupures, saturer un transformateur de quartier en cas de recharge simultanée de plusieurs véhicules, ou créer des pics de demande difficiles à absorber pour le gestionnaire de réseau. À l’inverse, une borne connectée et bien paramétrée devient un outil de flexibilité énergétique : elle peut décaler sa charge aux heures creuses, s’adapter aux signaux tarifaires du compteur Linky et, dans les configurations les plus avancées, restituer de l’énergie au réseau via des architectures V2G (Vehicle-to-Grid).
Pour les particuliers qui produisent de l’électricité solaire, la borne prend une dimension supplémentaire. Elle peut absorber les surplus de production photovoltaïque en journée, évitant leur injection gratuite sur le réseau et réduisant d’autant la facture d’électricité. C’est précisément ce type d’usage que les réseaux intelligents de nouvelle génération cherchent à encourager : une demande flexible, pilotable, qui s’adapte à l’offre plutôt que de la contraindre.
Comprendre cet enjeu aide à faire des choix techniques plus pertinents. Une borne avec délestage dynamique ne coûte pas beaucoup plus cher qu’un modèle basique, mais son impact sur la stabilité de l’installation et sur la facture annuelle est réel. C’est souvent la différence entre un investissement rentable à court terme et un équipement qui crée des frictions dès les premières semaines d’usage.
Choisir le bon équipement : Wallbox, prise renforcée et connecteurs expliqués
Le marché propose trois grandes familles d’équipements pour la recharge domestique d’un véhicule électrique. Chacune répond à des besoins différents, et le choix dépend autant de vos habitudes de déplacement que de la configuration électrique de votre logement.
Prise renforcée Green’up, câble Mode 2 et Wallbox : à chacun son usage
La prise renforcée (type Legrand Green’up) délivre environ 3,2 kW. Elle ressemble à une prise classique, mais ses matériaux sont conçus pour supporter de longues plages de charge sans surchauffe. Pour un véhicule hybride rechargeable avec une batterie de 8 à 15 kWh, elle peut suffire. Pour une voiture 100 % électrique parcourant 60 km ou plus par jour, ses limites apparaissent rapidement : recharger une batterie de 50 kWh prend environ 15 heures dans les meilleures conditions.
Le câble Mode 2 livré avec certains véhicules permet de se brancher sur une prise domestique standard à 2,3 kW. C’est une solution d’appoint, à utiliser occasionnellement chez des proches ou dans une résidence secondaire. L’utiliser quotidiennement sur une installation vieillissante augmente le risque de surchauffe, voire de départ de feu. Si vous devez y recourir régulièrement, faites vérifier votre installation par un électricien avant tout usage prolongé.
La Wallbox reste la solution de référence pour les propriétaires de véhicules 100 % électriques. En version monophasée à 7,4 kW, elle permet de recharger une Renault Zoé 52 kWh de 20 % à 80 % en un peu plus de quatre heures. En triphasé à 22 kW, si votre réseau et votre véhicule le permettent, ce même parcours descend sous les deux heures. Pour approfondir les enjeux techniques liés à ce type d’infrastructure, cet article sur les bornes et le réseau électrique apporte des éclairages utiles.
Type 2 versus Type 1 : quel connecteur choisir pour une installation pérenne ?
Le connecteur Type 2 (dit « Mennekes ») est devenu le standard européen pour la recharge en courant alternatif. Il équipe l’immense majorité des véhicules électriques commercialisés en France depuis plusieurs années, des Peugeot e-208 aux Tesla Model 3, en passant par les Dacia Spring. Les Wallbox actuelles sont systématiquement proposées avec ce type de connecteur.
Le connecteur Type 1 est plus ancien et principalement monophasé, limité à 7,4 kW. On le retrouve sur certains modèles asiatiques ou nord-américains de première génération. Si votre véhicule en est équipé, un câble adaptateur (Type 2 côté borne, Type 1 côté voiture) assure la compatibilité, mais la puissance reste plafonnée aux capacités du connecteur et du chargeur embarqué du véhicule.
Pour une installation durable, optez toujours pour une borne Type 2. Même si vous changez de véhicule dans trois ou cinq ans, votre équipement restera compatible. C’est le même raisonnement que pour une prise USB-C : adopter le standard universel évite les regrets à moyen terme.
| Solution | Puissance maximale | Temps de charge (50 kWh) | Budget indicatif (fourniture + pose) | Usage recommandé |
|---|---|---|---|---|
| Câble Mode 2 (prise standard) | 2,3 kW | 20 à 24 heures | Inclus avec le véhicule | Dépannage ponctuel uniquement |
| Prise renforcée Green’up | 3,2 kW | 15 à 16 heures | 400 à 700 euros | Hybride rechargeable, petits rouleurs |
| Wallbox 7,4 kW monophasé | 7,4 kW | 7 à 8 heures | 1 200 à 1 800 euros | Usage quotidien, véhicule 100 % électrique |
| Wallbox 11 kW triphasé | 11 kW | 5 à 6 heures | 1 500 à 2 200 euros | Gros rouleurs, installation triphasée existante |
| Wallbox 22 kW triphasé | 22 kW | 2 à 3 heures | 2 000 à 3 000 euros | Multi-véhicules, usage semi-professionnel |
Prérequis électriques : ce que votre tableau et votre compteur doivent pouvoir absorber
Avant de commander une borne, un diagnostic électrique s’impose. La recharge d’un véhicule électrique introduit une charge continue et prolongée que peu d’installations résidentielles françaises ont été conçues pour supporter sans ajustement. Un électricien qualifié IRVE évaluera votre tableau, la puissance souscrite et la qualité du câblage existant avant de valider la faisabilité du projet.
Puissance souscrite, abonnement Enedis et délestage dynamique
La majorité des foyers français disposent d’un abonnement à 6 kVA. Or, une Wallbox 7,4 kW appelle à elle seule environ 7 kVA. Si vous utilisez simultanément un four, une machine à laver et une plaque à induction, le cumul dépasse rapidement la puissance souscrite et le compteur disjoncte. Le passage à 9 ou 12 kVA est souvent recommandé pour un usage confortable, mais ce n’est pas toujours nécessaire.
Le délestage dynamique change la donne. Ce dispositif, intégré à de nombreuses Wallbox modernes, mesure en temps réel la consommation globale du logement via un module connecté au compteur Linky. Quand vous allumez le four, la borne réduit automatiquement sa puissance pour rester dans les limites de l’abonnement. Dès que la demande baisse, elle remonte progressivement. Résultat : pas de disjonction, pas besoin de changer d’abonnement, et une recharge qui s’adapte à votre vie réelle.
C’est un mécanisme qui intéresse également les gestionnaires de réseau. Un parc de bornes équipées de délestage dynamique peut, à l’échelle d’un quartier, lisser les pics de consommation et réduire la pression sur les transformateurs locaux. La gestion intelligente des véhicules électriques connectés au réseau repose précisément sur ce type de pilotage distribué.
Disjoncteur différentiel, section de câble et distance au tableau
La norme NF C 15-100 impose un circuit dédié pour toute borne de recharge, protégé par un disjoncteur magnéto-thermique calibré et un dispositif différentiel 30 mA. Pour les Wallbox, le choix du type de différentiel compte : un Type A suffit si la borne intègre une protection DC 6 mA ; un Type F (HPI/Si) offre une immunité renforcée aux déclenchements intempestifs, particulièrement utile dans les environnements avec beaucoup d’équipements électroniques.
La section des câbles dépend de la puissance et de la distance. En monophasé 7,4 kW, on utilise couramment du 6 ou 10 mm² selon la longueur du cheminement. En triphasé pour 11 à 22 kW, 10 mm² par phase est la section généralement préconisée. Une section sous-dimensionnée provoque des chutes de tension et des échauffements qui réduisent l’efficacité de la recharge et augmentent le risque de sinistre.
La distance entre le tableau et l’emplacement de la borne a un impact direct sur le coût. Au-delà de 20 à 25 mètres, il faut souvent augmenter la section des conducteurs, ce qui alourdit la facture. Un déplacement de quelques mètres dans le choix d’emplacement peut parfois faire économiser plusieurs centaines d’euros, sans rien sacrifier au confort d’usage.

Cadre réglementaire et installation conforme : la qualification IRVE en détail
L’installation d’une borne de recharge n’est pas un chantier électrique ordinaire. Elle relève d’un cadre normatif précis qui protège à la fois les utilisateurs, les installations et les droits aux aides financières. Ignorer ces règles expose à des risques concrets : sinistre non couvert par l’assurance, non-conformité lors d’une vente immobilière, perte de toutes les subventions.
La qualification IRVE : obligatoire au-delà de 3,7 kW
Depuis plusieurs années, la loi impose que toute infrastructure de recharge dépassant 3,7 kW soit installée par un professionnel titulaire d’une qualification IRVE (Infrastructure de Recharge pour Véhicules Électriques). Cette qualification est délivrée par des organismes reconnus comme Qualifelec ou AFNOR Certification, après une formation spécifique couvrant la conception, la mise en œuvre et la maintenance des points de charge.
Au-delà de l’obligation légale, cette qualification garantit que l’électricien maîtrise les spécificités propres aux chargeurs de véhicules électriques : courants de fuite en composante continue, compatibilité des protections différentielles, paramétrage du délestage, conformité à la norme NF C 15-100. Tenter une installation en « bricolage » expose à des risques bien réels, et les assureurs ne s’y trompent pas : en cas de sinistre, l’absence de qualification IRVE peut conduire à un refus d’indemnisation. Pour un guide complet sur les étapes d’une installation conforme, les détails réglementaires méritent d’être bien assimilés avant de lancer les travaux.
Norme NF C 15-100, attestation Consuel et droits spécifiques en copropriété
La norme NF C 15-100 définit les règles de conception et d’exécution des installations électriques basses tension. Elle précise les conditions de pose des câbles, les indices de protection (IP, IK) requis pour une installation en extérieur, les protections à prévoir en tête de ligne et les conditions d’installation dans les parkings couverts ou souterrains.
Dans certains contextes (création d’un nouveau point de livraison, modification importante du tableau, bâtiment neuf), une attestation Consuel peut être exigée avant la mise en service. L’électricien IRVE constitue le dossier technique et peut gérer cette démarche de bout en bout.
Pour les résidents en copropriété, le « droit à la prise », en vigueur depuis 2012, vous autorise à demander l’installation d’une borne dans le parking commun, que vous soyez propriétaire ou locataire. La demande passe par une lettre recommandée au syndic, accompagnée d’un devis et d’un plan. Le syndic dispose de trois mois pour répondre : sans réponse, c’est un accord tacite. La copropriété ne peut refuser que pour des motifs légitimes d’ordre technique ou sécuritaire.
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| Critère | Prise Green’up | Wallbox 7,4 kW | Wallbox 11 kW | Wallbox 22 kW |
|---|
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Légende
Coûts indicatifs fourniture + pose. Aides soumises à conditions. Données 2024.
Aides financières disponibles : crédit d’impôt, ADVENIR et primes CEE
Le coût d’une installation domestique complète varie entre 800 et 3 000 euros selon la configuration. Des aides cumulables existent pour alléger significativement cette dépense, à condition de respecter les conditions d’éligibilité et de les mobiliser dans le bon ordre.
Crédit d’impôt, TVA réduite et programme ADVENIR : les trois leviers principaux
Le crédit d’impôt pour l’installation d’un système de charge pour véhicule électrique couvre 75 % des dépenses TTC, plafonné à 300 euros par borne. Il s’applique à la résidence principale comme à la résidence secondaire, et peut être déclaré pour deux bornes par foyer si vous disposez de plusieurs véhicules. La condition : l’installation doit être réalisée par un professionnel qualifié IRVE, et la borne doit être « pilotable » (programmable, compatible délestage). Si vous n’êtes pas imposable, le crédit est remboursé directement.
Le programme ADVENIR cible prioritairement les copropriétés et les entreprises, avec des prises en charge pouvant atteindre 50 % pour une solution collective, ou jusqu’à 75 % pour une installation individuelle dans un parking collectif. Les plafonds pour les points de charge individuels en copropriété se situent autour de 960 euros par point. L’éligibilité et les montants varient selon les appels à projets en cours : vérifiez toujours les conditions actualisées sur le site officiel avant de signer un devis.
Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE), proposés par les fournisseurs comme EDF, Engie ou TotalEnergies, constituent un troisième levier. Ces primes sont variables selon les opérateurs et les périodes, mais peuvent représenter plusieurs centaines d’euros supplémentaires. Elles doivent être demandées avant la signature du devis pour être valides. Certains fournisseurs couplent ces primes à des offres tarifaires spécifiques (heures creuses, tarif mobilité électrique), ce qui peut amplifier les économies sur la durée.
Aides locales et TVA : les économies souvent oubliées
La TVA à taux réduit s’applique sur les travaux dans les logements de plus de deux ans. L’électricien l’applique directement sur la facture, ce qui représente plusieurs centaines d’euros d’économie selon la puissance de la borne et l’ampleur des travaux.
Beaucoup de régions, départements et communes proposent des subventions complémentaires pour encourager la recharge domestique. Certaines collectivités offrent entre 200 et 500 euros supplémentaires selon les dispositifs locaux en vigueur. Renseignez-vous auprès de votre mairie ou de votre conseil régional avant de finaliser votre budget : ces aides sont souvent sous-utilisées, simplement parce que les porteurs de projet ne les connaissent pas.
- Crédit d’impôt : jusqu’à 300 euros par borne, 75 % des dépenses TTC, applicable résidence principale et secondaire
- Prime ADVENIR : jusqu’à 960 euros en copropriété, conditions variables selon appels à projets
- Primes CEE : variables selon fournisseur, à demander avant signature du devis
- TVA réduite : applicable sur logements de plus de deux ans, déduite directement sur facture
- Aides locales : 200 à 500 euros selon collectivités, à vérifier auprès des mairies et régions
Fonctionnalités connectées et pilotage énergétique : la borne intelligente au coeur du réseau domestique
Une Wallbox moderne n’est plus un simple interrupteur électrique. Elle dialogue avec votre compteur, votre smartphone, vos panneaux solaires et, dans certains cas, avec le réseau de distribution lui-même. Ces capacités de pilotage font de la borne un maillon actif de la gestion énergétique du foyer, et potentiellement un actif de flexibilité pour le gestionnaire de réseau.
Programmation heure creuse, délestage et autoconsommation solaire
La fonctionnalité la plus accessible et la plus rentable reste la programmation sur les heures creuses. En paramétrant votre borne pour recharger entre 23h et 7h (ou selon les plages définies par votre contrat), vous profitez d’un tarif électrique pouvant être jusqu’à 50 % inférieur au tarif plein. Sur 15 000 km par an et une consommation de 15 kWh / 100 km, cela représente plusieurs dizaines d’euros d’économies annuelles sans effort supplémentaire.
Le couplage avec une installation photovoltaïque ouvre une dimension supplémentaire. Via un module de mesure connecté à l’onduleur et au compteur Linky, la borne peut détecter les surplus de production et y diriger automatiquement le surplus. Plutôt que d’injecter cette énergie sur le réseau à un tarif de rachat faible, vous la consommez directement dans votre véhicule. Ce scénario d’autoconsommation maximale est l’un des plus intéressants économiquement, et il illustre bien comment la gestion des énergies renouvelables au niveau du réseau local se construit progressivement, foyer après foyer.
Protocoles OCPP, Modbus et intégration domotique avancée
Pour les installations les plus évoluées, les bornes compatibles OCPP 1.6 ou Modbus TCP/IP peuvent s’intégrer à une gestion technique de bâtiment (GTB) ou à un système de gestion d’énergie domestique (EMS). L’OCPP permet un pilotage centralisé depuis une plateforme de supervision, avec suivi de la consommation par utilisateur, gestion des accès et tarification dynamique. Le Modbus est quant à lui très répandu dans l’automatisation industrielle et résidentielle avancée.
Les bornes proposant une authentification RFID (badges Mifare) répondent aux besoins des copropriétés ou des petites flottes d’entreprise : chaque utilisateur dispose de son badge, la borne enregistre les sessions individuellement et les rapports permettent une refacturation précise. Cette traçabilité est aussi un atout pour déclarer les charges professionnelles ou gérer les remboursements kilométriques de salariés équipés d’un véhicule électrique de fonction.
L’évolution vers des architectures V2G (Vehicle-to-Grid) va encore plus loin : le véhicule ne se contente plus de consommer, il peut restituer de l’énergie au réseau lors des pics de demande, transformant chaque batterie de voiture en unité de stockage mobile au service de la stabilité collective. Ces usages restent encore en déploiement progressif en France, mais les bornes bidirectionnelles commencent à apparaître sur le marché résidentiel.
Étapes concrètes d’une installation réussie : de la visite technique à la mise en service
Un projet d’installation bien mené suit une séquence logique. Prenons l’exemple d’Éric, responsable achats dans une PME lyonnaise, qui vient d’acquérir une Tesla Model 3 et souhaite équiper son garage de pavillon. Son parcours illustre les décisions à prendre à chaque étape.
Diagnostic, choix du matériel et sélection de l’installateur IRVE
La première étape est le diagnostic électrique. Éric fait appel à un électricien qualifié IRVE qui examine son tableau de répartition (datant de 2008, mais conforme NF C 15-100), vérifie la puissance souscrite (6 kVA) et mesure la distance entre le tableau et le garage : 12 mètres, ce qui reste dans les normes sans surcoût de câblage. Le professionnel lui conseille d’opter pour une Wallbox 7,4 kW avec délestage dynamique intégré, lui évitant ainsi de passer à 9 kVA.
Pour le choix du matériel, plusieurs critères entrent en jeu : présence de la protection DC 6 mA intégrée (qui évite l’achat d’un coûteux différentiel Type B), compatibilité avec une application mobile, programmation heure creuse et indice de protection IP54 pour une installation en garage partiellement ouvert. Des marques comme Hager, Legrand, Schneider Electric ou Wallbox (la marque espagnole) proposent des modèles répondant à ces critères. Pour une vue d’ensemble sur les caractéristiques techniques des installations, ce guide dédié aux bornes résidentielles offre un panorama détaillé.
La sélection de l’installateur mérite d’y consacrer du temps. Éric demande trois devis à des électriciens certifiés IRVE (vérifiables sur les annuaires Qualifelec et AFNOR). Il compare non seulement les prix, mais aussi le matériel proposé, les garanties, l’accompagnement pour les démarches d’aides et les délais d’intervention. Un bon installateur IRVE intègre systématiquement la demande de crédit d’impôt dans son devis, défalquant le montant attendu pour vous donner une vision claire du coût net.
Déroulement du chantier et mise en service
Le jour de l’installation, l’électricien commence par poser le disjoncteur différentiel 30 mA Type A dédié dans le tableau, puis tire le câble (10 mm² pour anticiper une éventuelle montée en puissance) depuis le tableau jusqu’au garage dans une goulotte encastrée. La Wallbox est fixée à hauteur ergonomique, le câblage final est réalisé et les tests de résistance d’isolement sont effectués.
La mise en service inclut le paramétrage de l’application mobile, la configuration du délestage dynamique (avec le module de mesure connecté au disjoncteur principal), et un premier test de charge complet avec le véhicule d’Éric. L’électricien lui remet un dossier complet : attestation d’installation, notice de la borne, schéma électrique et justificatifs nécessaires pour le crédit d’impôt. Durée totale du chantier : une demi-journée, sans aucune coupure prolongée de l’installation générale.
Résultat : une borne opérationnelle, une installation conforme, et un coût net après aides qui tombe autour de 900 euros pour une Wallbox à 1 400 euros installation comprise. La sécurité électrique est garantie, la maintenance se limite à un contrôle annuel visuel et à la mise à jour firmware via l’application. Et chaque nuit, entre 23h et 7h, la Tesla d’Éric se recharge à environ 2,2 euros pour 100 km grâce au tarif heure creuse de son fournisseur.
Est-il obligatoire de faire appel à un électricien certifié IRVE pour installer une borne de recharge ?
Oui, dès que la puissance dépasse 3,7 kW, la loi impose l’intervention d’un professionnel qualifié IRVE. Au-delà de l’obligation réglementaire, cette qualification conditionne l’accès au crédit d’impôt, aux primes ADVENIR et aux aides CEE. En cas de sinistre causé par une installation non conforme, votre assurance peut refuser d’indemniser les dommages.
Faut-il nécessairement augmenter la puissance de son compteur Enedis pour installer une Wallbox 7,4 kW ?
Pas systématiquement. Si votre borne intègre un système de délestage dynamique connecté à votre compteur Linky, elle adapte en temps réel sa puissance à la consommation globale du logement pour éviter les disjonctions. Beaucoup de foyers abonnés à 6 kVA peuvent conserver ce niveau d’abonnement tout en rechargeant leur véhicule confortablement, notamment la nuit quand les autres usages sont réduits. L’électricien IRVE évalue cette faisabilité lors du diagnostic préalable.
Peut-on installer une borne de recharge dans un appartement ou une copropriété ?
Oui. Le ‘droit à la prise’, en vigueur depuis 2012, vous autorise à demander l’installation d’une borne dans le parking de votre copropriété, que vous soyez propriétaire ou locataire. La demande se fait par lettre recommandée au syndic, avec un devis d’installateur IRVE et un plan. Le syndic dispose de trois mois pour répondre ; passé ce délai sans réponse, l’accord est considéré comme tacite. La copropriété ne peut refuser que pour des motifs techniques ou sécuritaires légitimes.
Combien coûte réellement une installation de borne de recharge après déduction des aides ?
Pour une Wallbox 7,4 kW en maison individuelle, le coût brut se situe entre 1 200 et 1 800 euros (fourniture et pose). Après crédit d’impôt (jusqu’à 300 euros), TVA réduite sur les travaux, éventuelles primes CEE et aides locales, le coût net peut descendre entre 700 et 1 100 euros dans les configurations les plus favorables. Le recours à un installateur IRVE est indispensable pour bénéficier de l’ensemble de ces dispositifs.
Une borne de recharge domestique peut-elle fonctionner avec des panneaux solaires ?
Oui, et c’est l’une des configurations les plus intéressantes économiquement. Une borne connectée équipée d’un module de mesure peut détecter les surplus de production photovoltaïque et y orienter automatiquement la charge du véhicule. Ce mode de ‘solar charging’ maximise l’autoconsommation, réduit la facture d’électricité et diminue l’empreinte carbone de chaque kilomètre parcouru. La compatibilité avec l’installation solaire existante doit être vérifiée lors du diagnostic initial.
